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LOUIS RIEL

« LOUIS RIEL : JOURNAUX DE GUERRE ET DE PRISON » - ARGUMENTAIRE D'ISMÈNE TOUSSAINT, ÉDITIONS STANKÉ/QUEBECOR MEDIA, MONTRÉAL (2005)


Manuscrit de Louis Riel
LOUIS RIEL
: JOURNAUX DE GUERRE ET DE PRISON
(présentation, notes et chronologie métisse 1604-2006 d’Ismène Toussaint - Éditions Stanké/Quebecor Media, Montréal, 2005)
 
                 
ARGUMENTAIRE, PAR ISMÈNE TOUSSAINT (2005)
 
 

Lors d’un récent concours radiophonique, Louis Riel (1844-1885) a été élu 11e parmi les « 100 plus grandes personnalités du Canada ». Si l’homme politique franco-manitobain, le patriote, le résistant pendu pour avoir défendu les terres des Métis contre l’avidité expansionniste du gouvernement canadien-anglais, est encore présent dans bien des mémoires, en revanche, Louis Riel, l’être intime, l’écrivain, le poète et le diariste demeure largement méconnu.

À l’heure où le député Pat Martin, de Winnipeg, vient de redéposer le dossier de demande de « réhabilitation » de Louis Riel devant les autorités fédérales et où les Canadiens s’apprêtent à célébrer le 120e anniversaire de sa mort, il m’a paru important de dévoiler au grand public son aspect le plus humain par la publication de ses écrits intimes : le Journal de guerre (dit « de Batoche ») et le Journal de prison (dit « de Régina »).

Débuté aux environs du 1er septembre 1884 et interrompu le 10 mai 1885, après la bataille de Batoche qui marqua l’écrasement de « la plus petite nation du monde » (Louis Riel), le premier cahier déroule une succession de réflexions sur les événements, mais aussi de visions – certaines s’étant avérées –, de révélations, d’images, de symboles, d’allégories, d’allusions bibliques, etc., formant comme une longue prière ou une incantation à la gloire de Dieu ou de Manito. Sorte de testament poétique, patriotique et mystique, il nous fait découvrir à la fois un homme ayant réalisé un équilibre entre ses cultures canadienne-française et autochtone et un être en perpétuelle quête spirituelle, plus attentif à suivre la guerre qui se déroule à l’intérieur de lui-même, que celle que son ami Gabriel Dumont (1837-1906), chasseur de bisons et président « officieux » des Territoires du Nord-Ouest, livre sur le terrain.

Dans les second et troisième cahiers, tenus en prison entre le 5 et le 28 août 1885, puis entre 3 et le 28 octobre de la même année, Louis Riel poursuit ce que j’appelle son « dialogue avec les anges ». À l’opposé du révolutionnaire ambitieux et calculateur que ses adversaires se sont acharnés à nous présenter, cet écrit bouleversant, plus profond et plus développé que le précédent, nous révèle un homme-enfant déchiré entre ses ténèbres intérieures et la lumière de sa foi ; aussi, un écrivain se rattachant au courant romantique par son style tourmenté et par le choix de ses genres littéraires : poèmes, prophéties, prières, litanies, etc. ; plus admirable encore, un patriote s’efforçant de surmonter sa frayeur du gibet pour travailler à l’amélioration des conditions de vie de ses « chers Métis-canadiens-français » et à leur immortalisation par le biais de l’écriture.

Préfacé par Gilles Rhéaume, militant politique bien connu au Québec et « riellien » convaincu, Gabriel Dufault, actuel président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba (UNMSJM), et Raymond Cyr, leader de la Communauté métisse de l’Estrie (Québec), cet ouvrage comprend une introduction aux Journaux de Louis Riel ; des notes destinées à en éclairer la lecture ; des remerciements ; une bibliographie ; et surtout la plus grande chronologie de l’histoire de Louis Riel et des Métis canadiens-français du Manitoba jamais réalisée à ce jour (1604-2006), avec une ouverture sur l’histoire de leurs frères et sœurs du Québec et de l’Est.

À la fin du livre, le lecteur trouvera également une série de textes commémoratifs de plusieurs auteurs : Louis Riel lui-même ; Gilles Rhéaume ; feu Henri Bergeron, le célèbre annonceur-radio ; Guy Bouthillier, avocat et ancien président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM) ; Jean Morisset, professeur de géographie à l’Université du Québec à Montréal (UQÀM), écrivain et poète métis ; Jean-Luc Forest, professeur d’anglais à Vancouver et fils de Georges Forest (1924-1990), le grand continuateur métis de l’œuvre de Louis Riel au Manitoba ; et la signataire des présentes lignes.

Argumentaire destiné aux Éditions Stanké/Quebecor Media et aux représentant(es) des librairies du Québec et du Canada, 2005.

 

 

 

© Ismène Toussaint

 

 


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