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LOUIS RIEL

«ISMÈNE TOUSSAINT, ÉCRIVAIN», ALLOCUTION DE M. YVES SAINT-DENIS, PRÉSIDENT DE LA SECTION LUDGER-DUVERNAY DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL (SSJBM, 11 MAI 2009)


Portrait de Ludger Duvernay par Jean-Baptiste Roy-Audy (1832)

ISMÈNE TOUSSAINT, ÉCRIVAIN1

ALLOCUTION DE M. YVES SAINT-DENIS, PRÉSIDENT DE LA SECTION LUDGER-DUVERNAY2 DE LA SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL (SSJBM, 11 MAI 2009)

« Il y a déjà près de vingt ans, une jeune femme bretonne arrivait au pays et, à l’instar des La Vérendrye3, se lançait à la découverte de l’Ouest. Le Manitoba français et métis, voire toutes les vastes Prairies, seront les grands bénéficiaires de l’œuvre d’Ismène Toussaint. Cette intellectuelle de haut calibre nous a habitués à de beaux et passionnants ouvrages littéraires et historiques. Donnons-en simplement en preuve ses trois Gabrielle Roy et ses deux Louis Riel, qui seront bientôt trois, eux aussi, avec le Louis Riel et le Québec à paraître. Mentionnons Les Chemins secrets de Gabrielle Roy (1999), Les Chemins retrouvés de Gabrielle Roy (2004), Gabrielle Roy et le nationalisme québécois (2006), Louis Riel, le Bison de cristal (2000), Louis Riel, Journaux de guerre et de prison (2005). Tous ont été des succès de librairie et lui ont valu des bourses, des prix ou des distinctions.

Docteure ès lettres, chroniqueure recherchée qui a mérité le prix André-Laurendeau en 2002, chercheure rigoureuse, tenace et passionnée, auteure chevronnée devenue écrivaine reconnue, l'une des meilleures de la Nation québécoise, Ismène Toussaint plonge à fond dans la matière qu’elle élabore et nous n’hésitons pas à affirmer que l’ensemble de son œuvre loge à l’enseigne de l’excellence.

Madame Toussaint est venue habiter au Québec depuis dix ans. Elle est membre à vie de la section Ludger-Duvernay de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal depuis dix ans. Dans le cadre des cent-soixante-quinze ans de la Société, elle fête ce soir ses dix années au service de la Nation. Et croyez-moi, nous en sommes fiers. Fiers du chemin parcouru, fiers du travail accompli, fiers de l’importante œuvre réalisée. Œuvre littéraire et œuvre sociale aussi.

En 2005, Ismène Toussaint a travaillé avec une telle opiniâtreté au rapprochement entre les Métis de l’Est et de l’Ouest, qui étaient séparés par des siècles d’injustice, qu’elle a été officiellement reconnue, fait unique, comme véritable fille métisse. « Le petit soldat de Riel » et de Dumont s’est avéré l’âme créatrice et la véritable cheville ouvrière de l’Union métisse Est-Ouest4 dont j’ai eu l’insigne honneur de présider à l’Acte de fondation le 8 mai 2007. Union qui avait la chance de reconnaître nul autre que Gilles Rhéaume comme premier président5.

Nous avouons que cette brève présentation s’avère nettement indigne et sans aucune mesure avec l’importance de l’œuvre d’Ismène Toussaint. Aussi sollicitons-nous toute votre indulgence. »


NOTES

1. Référence : SAINT-DENIS, Yves. « Lancement du livre sur Dumont à la Maison-Duvernay le 11 mai 2009 – Ismène Toussaint, écrivaine », discours de lancement de l’ouvrage d’Ismène Toussaint et de Denis Combet, Gabriel Dumont : Souvenirs de résistance d’un immortel de l’Ouest », le 11 mai 2009 à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, dans le cadre des Lundis de l’Histoire animés par Yves Saint-Denis, président de la section Ludger-Duvernay ; repris dans TOUSSAINT, Ismène, et Éric CARTIER, et Julien LAFRANCE : « Un peuple métis libre, une vision, une union – 11 mai 2009 : Le retour de Gabriel Dumont au Québec – Ismène Toussaint, enfant spirituelle de Louis Riel, consolide l’Union métisse Est-Ouest », Ismène Toussaint, 9 février 2010, http: //www.ismenetoussaint.ca/ ArticleView.php?article_id=8 ; sous le titre « Ismène Toussaint, écrivain », dans Ismène Toussaint, 2 décembre 2012, http://www.ismenetoussaint.ca/ArticleView.php?article_id=764 ; dans Ismène Toussaint.com, 2 décembre 2012, http://www.ismenetoussaint.com/ArticleView.php?article_id=139 ; dans Louis Riel, 31 décembre 2012, http://www.louisriel.org/ArticleView.php?article_id=36

2. Ludger Duvernay (1799-1852). Journaliste, imprimeur, éditeur, homme politique et patriote canadien-français. Originaire de Verchères (région de la Montérégie), il acquit une imprimerie à Trois-Rivières (Mauricie) en 1817 et fonda La Gazette des Trois-Rivières, premier journal bas-canadien hors Québec et Montréal. Suivirent L'Ami de la religion et du roi (1820), Le Constitutionnel (1823) et L'Argus (1826). De 1819 à 1826, il occupa les fonctions d'inspecteur du Service des incendies puis devint éditeur du Canadian Spectator, à Montréal. L'année suivante, il devint propriétaire de La Minerve, qui soutint le Parti Patriote de Joseph Papineau (1786-1871) dès sa création, en 1834. Le 24 juin de la même année, jour de la Saint-Jean-Baptiste, il organisa un grand banquet patriotique qui allait donner naissance à la Fête nationale des Canadiens-Français, et co-créa l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal (future Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, SSJBM). En 1837, il fut élu député de la circonscription de Lachenaie (future ville de Terrebonne, Lanaudière) et le 6 décembre, participa en qualité d'officier des Patriotes à la bataille de Moore's Corner (Montérégie) contre l'armée britannique. Le jour même, après la défaite, il s'enfuit aux États-Unis, où il demeura cinq ans. À son retour, il reprit la publication de La Minerve jusqu'à sa mort.

3. Pierre-Gaultier de Varennes, sieur de La Vérendrye (1685-1749). Explorateur et commerçant de fourrures de la Nouvelle-France. Né à Trois-Rivières, il entra en 1707 dans le régiment de Bretagne (France) et servit dans les Flandres durant la Guerre de Succession d’Espagne. De retour en Nouvelle-France en 1712, il se lança deux ans plus tard dans la traite des fourrures. Devenu en 1728 commandant du Poste du Nord (région du Lac Supérieur), il établit à partir de 1731 des postes de traite vers l’Ouest : en 1734, il fit construire le fort Rouge, sur la rivière éponyme, à l’emplacement de la future ville de Winnipeg, puis le fort La Reine, le long de la rivière Assiniboine. En 1741, ses fils explorèrent une partie de la rivière Saskatchewan, ainsi que les lacs Manitoba, Winnipegosis, Bourbon et Dauphin : ils édifièrent le fort Bourbon à la pointe-nord du lac Winnipeg et l’année suivante, le fort Dauphin au sud-ouest du lac Winnipegosis. En 1743, ils atteignirent les montagnes Rocheuses. À son retour à Montréal en 1744, Pierre de La Vérendrye fut promu capitaine en récompense de ses services. Il mourut à l’âge de 64 ans, alors qu’il préparait une ultime expédition sur la rivière Saskatchewan.

4. Voir Louis Riel, Journaux de guerre et de prison (présentation, notes et chronologie métisse 1604-2007 par Ismène Toussaint), Montréal, Éditions Stanké, 2005 ; ainsi que les rubriques « Un peuple métis libre, une vision, une union : Petit historique de l'Union métisse Est-Ouest », Ismène Toussaint, 2 mars 2010, http://www.ismenetoussaint.ca/ArticleView.php?article_id=22 ; « L’Acte d’Union métisse Est-Ouest nous rappelle depuis le 8 mai 2007 que les peuples Métis de l’Est et de l’Ouest forment un seul et même peuple, uni, fraternel et indivisible, de l’Atlantique jusqu’au Pacifique… », Ismène Toussaint, 17 mars 2010, http://www.ismenetoussaint.ca/ArticleView.php?article_id=45

5. Originaire de Verdun (région de Montréal), le Métis Abénaqui Gilles Rhéaume (1950-2015), militant de l'indépendance du Québec et conférencier, fut président de l'Union métisse Est-Ouest de 2007 à 2009. On lui doit notamment d'avoir fait reconnaître la Nation métisse par la Nation québécoise le 18 mai 2009. Stéphane Roy, Métis Bedeque de Saint-Gabriel-de-Rimouski (Bas-Saint-Laurent), lui succéda le 13 janvier 2010.

 

 

 

 

© Yves Saint-Denis


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