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LOUIS RIEL

« RIEL LE QUÉBÉCOIS - LIVRE : LOUIS RIEL, LE BISON DE CRISTAL », PAR MICHEL LAPIERRE, L'AUT'JOURNAL, MONTRÉAL (2002)

 
Buste de Louis Riel réalisé par Nortman & Sons pour M. Birk  (1886)
© Musée McCord.Montréal

RIEL LE QUÉBÉCOIS - LIVRE : LOUIS RIEL, LE BISON DE CRISTAL

PAR MICHEL LAPIERRE, L'AUT'JOURNAL (2002)

Si Louis Riel, le Bison des Prairies, qui se voyait comme le « prophète du Nouveau Monde », a été interné tour à tour à l'asile de Longue-Pointe, près de Montréal, et à l'asile de Beauport, près de Québec, c'est qu'il était un Bison de cristal, selon la belle expression d'Ismène Toussaint. Seul le Québec, « mère » protectrice de Riel, pourra saisir toute la portée du rêve de cristal de cet écorché vif, qui a fait de notre ceinture fléchée le symbole de la délivrance des Métis, des Amérindiens et même de toutes les ethnies du continent.

Le vrai Métis l'est par le cœur. En ce sens, les Canadiens-français paraissent plus « métis que les Métis eux-mêmes », ose dire Riel. Honoré Mercier n'exagère pas en appelant Riel son frère. Les aspirations du Québec annoncent l'Amérique du Nord, à laquelle rêve le prophète.

Pour que les Amérindiens, les Métis et les immigrants échappent à la déculturation et au lavage du cerveau, il faut, selon Riel, permettre à tous les peuples de l'Amérique du Nord, anciens et nouveaux, d'avoir chacun leur pays, leur langue et leur rêve. Le chef métis refuse les États-Unis centralisateurs de Hamilton1 et le One country, one flag. one language2 de Macdonald3. Voilà bien la folie de Riel, mais aussi le seul projet révolutionnaire du continent.

Louis Riel, le Bison de cristal, Ismène Toussaint, Stanké, 2000.

Article paru dans L'Aut'Journal n° 400, Montréal, mai 2002.


NOTES

1. Alexander Hamilton (1757-1804). Homme politique, industriel et banquier américain. L'un des fondateurs des États-Unis (1774), premier secrétaire au Trésor (équivalent de ministre des finances) sous la présidence de George Washington, il créa la Banque fédérale en 1791 et l'ancêtre de la Bourse de Wall Street l'année suivante. Oeuvrant pour l'émergence d'une économie moderne, il se fit le champion de la libre entreprise et préconisa le principe de la protection douanière, ce qui renforça le pouvoir central.  

2. « Un pays, un drapeau, une langue ».

3. John Alexander Macdonald (1815-1891). Homme d'État canadien-écossais. L'un des pères de la Confédération canadienne (1867), il fut Premier ministre du pays de la même année à 1873, de 1878 à 1885, et de 1890 jusqu'à sa mort. Il fut également le principal artisan de l'exécution de Louis Riel, en 1885.  

(Notes d'Ismène Toussaint)

 

 

© Michel Lapierre - L'Aut' Journal -


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