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LOUIS RIEL

« LES DERNIERS MOIS DE LOUIS RIEL - ISMÈNE TOUSSAINT VIENT DE SORTIR « LOUIS RIEL, JOURNAUX DE GUERRE ET DE PRISON », PAR PRUNE VELLOT, LA LIBERTÉ, SAINT-BONIFACE, MANITOBA (2005)

LES DERNIERS MOIS DE LOUIS RIEL

ISMÈNE TOUSSAINT VIENT DE SORTIR LOUIS RIEL, JOURNAUX DE GUERRE ET DE PRISON, UN OUVRAGE QUI RETRACE LES DERNIERS MOIS DU HÉROS MÉTIS

PAR PRUNE VELLOT, LA LIBERTÉ (2005)

Alors que le mouvement métis connaît une renaissance, notamment à travers l'Union des Métis de l'Est et de l'Ouest1, Ismène Toussaint sort un nouvel ouvrage sur Louis Riel. Ce livre, qui regroupe les journaux de Batoche et de Régina, montre combien ce héros était un visionnaire. Trois carnets2 au total, écrits entre septembre 1884 et octobre 1885, qui sont les témoins de la réflexion de Louis Riel.

« Le premier, celui que j'ai appelé journal de guerre, a été rédigé pendant la résistance métisse en Saskatchewan, explique l'auteure Ismène Toussaint. Mais il ne s'agit pas de faits recensés. Ce sont des méditations, des penses, des visions de Louis Riel, qui vivait alors chez un ami, Xavier Letendre-Batoche.»

« Les deux autres journaux, écrits lorsqu'il était à la prison de Régina, sont plus élaborés, poursuit-elle. C'est comme une longue prière, une série de réflexions sur des questions existentielles, religieuses, philosophiques. De simples tableaux alternent avec des fresques. »

Les journaux de prison ont quelque chose de très émouvant, car le lien avec la mort y est très fort. Louis Riel savait alors qu'il allait être conduit au gibet. Le style est d'ailleurs très romantique, très tourmenté. « On ressent toute sa colère contre les Canadiens-anglais, affirme Ismène Toussaint, sa culpabilité aussi d'avoir entraîné son peuple dans cette guerre et la crainte de la défaite. »

« J'ai été bouleversée par les écrits de ces journaux, confie-t-elle. La décision de les publier est partie d'une émotion. J'avais envie de les faire connaître au grand public. Jusqu'alors, ils n'avaient été édités que dans une collection universitaire. »

Ce qu'il y a aussi d'extraordinaire, ajoute-t-elle, c'est de constater que ses prophéties se réalisent au fil du temps. Il y a eu la chute des conservateurs. Les Métis ont obtenu des terres. Et puis aujourd'hui, cent ans plus tard, c'est l'union entre les Métis de l'Est et de l'Ouest qui est en train de se faire. »

L'idée de constituer une union pancanadienne pour la reconnaissance de l'identité et de la culture métisses fait en effet son chemin. « C'est tout un mouvement en ce moment. assure Ismène Toussaint. Ça bouge beaucoup. À l'Est, on est en révolte, car il n'y a pas de reconnaissance. Les Métis sont coincés entre les Blancs et les Indiens. Le fait de créer une union entre l'Est et l'Ouest est très dérangeante. D'une certaine manière,  c'est une revanche de Louis Riel. »

Grâce à cet ouvrage, l'auteure a plongé les pieds joints dans l'histoire, réalisant la plus vaste chronologie sur les Métis (1604-2006). Par ailleurs, elle se montre tout aussi décidée à jouer un rôle dans l'avenir. « Aujourd'hui, on a pris en main la situation, déclare-t-elle, on fait notre histoire. »

Article paru dans La Liberté du novembre 2005, Saint-Boniface, Manitoba.

NOTES

1. Il s'agit plus exactement de l'Union métisse Est-Ouest, qui fut fondée le 8 mai 2005 par l'auteure Ismène Toussaint, le chef autochtone Jean Jolicœur et deux organismes métis manitobain et québécois. Voir  la rubrique « Un peuple métis libre, une vision, une union : Petit historique de l'Union métisse Est-Ouest » dans le site Ismène Toussaint.ca :  
http://www.ismenetoussaint.ca/ArticleView.php?article_id=22

2. Il s'agit plutôt de cahiers.

(Notes d'Ismène Toussaint)

 

 

 

© Prune Vellot, La Liberté -


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